Le littoral français, lieu d’hibernation des oiseaux d’eau, où nichent-ils ?

African Penguin on Beach South Africa

Le littoral français, lieu d’hibernation des oiseaux d’eau, a la chance de posséder une frontière maritime importante. Se demander quelles peuvent en être les conséquences sur les populations d’oiseaux n’est pas dénué de sens. En effet, une côte constitue la liaison entre deux milieux écologiques distincts (la terre d’une part et la mer d’autre part) et tous les biologistes savent que ces lisières entre deux milieux se révèlent particulièrement riches, eu égard à la biodiversité.

On y trouve ainsi des dunes, des prés salés, des marais, des pelouses… mais aussi toutes les réalisations des activités humaines telles que des ports ou des villes. Les oiseaux ont à leur disposition, un habitat à la fois riche et varié, mais doivent apprendre à cohabiter avec les hommes, ce qui n’est pas toujours chose aisée.

Quels oiseaux fréquentent nos côtes ?

Nous n’étudierons ici que les oiseaux d’eau hivernant en France, soit tout de même près de 3 millions d’individus dont plus d’un million uniquement sur le littoral, très bien acclimaté à un habitat de plus en plus morcelé par un développement sans cesse croissant de l’urbanisation des façades maritimes. Nous nous attacherons en particulier à la localisation des 7 groupes principaux que sont :

  • Les Cormorans : en particulier le grand cormoran et le cormoran huppé.
  • Les Échassiers : héron, flamand rose, grues, cigogne, bécasseaux.
  • Les Anatidés : canards, oies, cygnes et foulques.
  • Les Laridés : goélands, sternes et mouettes.
  • Les Limicoles : moins connus avec les bécasses, les courlis et les barges.
  • Les Plongeons et grèbes.
  • Les Rallidés comprenant la poule d’eau.

Où les oiseaux passent-ils l’hiver ?

La répartition des oiseaux d’eau sur le littoral français répond à des critères climatiques, mais aussi écologiques. En effet, en dehors du facteur température qui privilégie le Sud, interviennent l’importance des surfaces naturelles ainsi que la diversité de ces zones humides.

Les zones les plus fréquentées sont ainsi la Vendée et la Gironde, et dans une moindre mesure, les départements méditerranéens de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. À l’inverse, les rivages de la Manche et de la mer du Nord accueillent des populations d’oiseaux bien plus limitées en nombre.

Les 5 zones des oiseaux du littoral les plus importantes sont les suivantes :

  • La Camargue avec 120 000 oiseaux.
  • Le bassin d’Arcachon en Gironde avec plus de 100 000 individus.
  • La baie du Mont-Saint-Michel avec près de 80 000 migrateurs.
  • Les Laridés : goélands, sternes et mouettes.
  • La baie de L’Aiguillon et la pointe d’Arçay.
  • La réserve naturelle de Moëze en Charente.

Aucun site de migration situé hors du littoral ne vient s’intercaler dans le classement des 10 sites les plus importants, ce qui témoigne de la place des façades maritimes de la France dans les migrations des oiseaux de l’Atlantique Est.

Une répartition hétérogène selon les groupes

Avant d’évoquer la répartition géographique des oiseaux selon leurs espèces, il est important de mentionner que les anatidés, les foulques, les limicoles et les laridés constituent le gros des troupes alors que, contre toute attente, les cormorans préfèrent les étangs et les rivières de l’intérieur pour hiverner.

Les deux premiers groupes sont présents sur tout le littoral avec des populations cependant plus concentrées le long des côtes méditerranéennes et en Vendée avec une préférence des canards pour la Camargue et des oies bernaches pour le bassin d’Arcachon. On retrouve également une grande majorité des échassiers le long des côtes de la « grande bleue », malgré une forte présence des aigrettes sur l’Atlantique. Les limicoles préfèrent pour leur part rechercher un peu de fraîcheur dans les vasières des baies et des golfes de la Manche.

La France restera-t-elle le paradis hivernal des oiseaux d’eau ?

Tous les ornithologistes savent qu’il est difficile de suivre et d’évaluer les populations d’oiseaux, car de simples variations climatiques peuvent modifier leur localisation d’une année sur l’autre. Alors que les anatidés sont globalement stables avec des différences tout de même selon les espèces considérées, les limicoles sont, en accroissement constant, peu sensibles aux morcellements des espaces naturels. À l’inverse, le combattant varié est en voie d’extinction, en raison de l’assèchement progressif des marais qui constituent son habitat de prédilection.

Souhaitons que les plans d’aménagement du littoral prennent en compte, à l’avenir, la présence de ces migrateurs afin d’assurer le maintien de la biodiversité sur nos côtes, une quinzaine d’espèces appartenant à l’annexe 1 de la directive oiseaux, en raison des menaces pesant sur leur subsistance. Des zones de protection spéciales sont prévues à l’échelle européenne pour préserver certains habitats.
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